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Je déteste ces moments de vide où il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre. Ce désœuvrement du cœur, du corps et de l’esprit qui pousse inexorablement à la mélancolie, et, pour peu que l’on s’y perde un peu trop loin, et un peu trop longtemps, à la dépression.

Ce sont ces brusques moments de flottement, égarés entre deux phases, entre deux mouvements, où l’on se trouve désincarné, déraciné, peinant à appréhender la réalité telle qu’on la devrait voir, ce que l’on fait naturellement en période de faste ou d’explosion de créativité. Les gens, les choses de la vie et le monde, tous paraissent faux, décousus, comme si la moindre petite parcelle de réalité tangible perdait tout son sens. Ces moments peuvent être brefs, juste assez longs pour que l’impatience atteigne son paroxysme et se mue peu en peu en souffrance agitée, puis apathique, ou au contraire s’éterniser… Chaque fois que je dois traverser ce terrible désert, je redoute de constater son étendue.

Pourtant, est-ce vraiment si difficile de ne rien faire ? Qu’y a-t-il de mal à reposer là, simplement, sans activité ni préoccupation aucune, en tant qu’être, vivant mais parfaitement inutile, et jouir du fait même d’exister en ce bas-monde, pas pour une cause, ou pour quelqu’un d’autre, ni pour une quelconque finalité, mais pour soi, et uniquement pour soi ? Pourquoi l’oisiveté et la plénitude de l’être sans contrainte m’est-elle inaccessible ? Avoir tout son temps, pouvoir en disposer selon son bon vouloir et ne rien en faire, voilà qui devrait suffire à combler l’être désespérément fini que je suis, non ? Pourquoi cette stupide culpabilité, cette angoisse diffuse, cette brutale dissolution interne tout autant qu’externe, cette sensation de chute – de mort – imminente, cette perte subite, cette absence au monde, dès lors que l’on n’a plus rien à accomplir, plus rien pour remplir notre temps, pour nous remplir tout court ?

Je pense que c’est la Mort, ou du moins la perspective de la Mort, la deadline, cet insidieux sentiment de finitude codé dans notre chair, dans notre essence, au plus profond des plus petits atomes qui nous composent, qui nous pousse à agir.

Serions-nous si pressés de vivre si l’Éternité était le lot commun de l’Humanité ?

Le problème vient aussi du fait que ne rien faire, ne pas mettre à profit son temps, sa force, son imagination ou son intelligence, ne planifier aucun objectif à atteindre le lendemain, ni de buts pour rendre légitime le fait de se lever le matin, revient, dans l’esprit corrompu de l’homme, moderne ou pas, à perdre son temps, à perdre sa vie, donc à vivre pour rien. Au fil des années, on se rapproche peu à peu de la mort, lentement mais sûrement, on voit poindre un pan de son ombre sournoise, on anticipe de la voir surgir de n’importe quel odieux tournant, ou nous épier avidement à chaque instant, et l’on craint de dire, au moment fatidique de la rencontre : « je n’ai pas assez vécu, c’est passé trop vite, à tel point que je ne m’en suis pas rendu compte, je n’ai rien fait de ma vie, mon passage sur Terre fut vain et inutile, j’ai gâché mon seul et unique passage sur Terre, j’aurais pu faire n’importe quoi d’autre et devenir n’importe qui d’autre, mais je suis moi, et maintenant il est trop tard, et personne ne m’offre de seconde chance, je ne peux pas recommencer, revenir sur mes pas, rectifier mes erreurs, explorer d’autres voies, faire tout ce que j’ai remis à plus tard et que je m’étais pourtant promis de faire un jour, je suis coincé, seul, acculé, je vais mourir et ceci est irréversible… » Et j’en passe et des bien pires que mon esprit craint de formuler.

Je suis triste de me savoir condamnée aux travaux forcés toute ma vie. Que ce soit, dans le meilleur des cas, une affaire de création pure, sans répit et sans relâche, jour après jour ou, dans le pire des cas, d’innombrables et inutiles tâches que je me donne quotidiennement pour me sentir exister, pour toucher du doigt ce Monde qui par tant de fois m’échappe, je sais que j’endosse le costume du forçat chaque fois que mon propre vide m’est renvoyé à la figure.

Ces foutues périodes creuses.

La vérité, c’est que je suis bien incapable de rester seule avec moi-même, de me tenir seule face à moi-même, bras ballants et tête vide, à me contempler telle que le miroir de la réalité présente me montre, car, n’y trouvant aucun reflet, l’angoisse me saisit alors et recouvre ma vision d’un voile d’ombres chaque fois plus épais.

Ne rien faire me met face à mon propre vide existentiel. A ma propre peine à vivre. Alors, je préfère fuir en avant, perpétuellement, m’oublier et me perdre dans une accumulation d’activités sans début ni fin qui prennent l’esprit, et le temps… et la vie.

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Besoin d’évasion. Pas loin. N’importe où, en fait. Juste… Partir.

Pour oublier ce puits sans fond de médiocrité visqueuse dans lequel on m’a engluée.

Je suis perdue… Où est la réalité ? Qui a raison ? Qui a tort ?

Qu’en est-il des certitudes sur lesquelles je m’appuie sans même en avoir conscience ?

… Et quel est le sens de tout cela ?

Quel est le sens de se blesser profondément pour un mot, une parole jugée douloureuse ou déplacée ?

J’en arrive à un point où je perce le fondement de cette réaction en chaîne, jusqu’à en perdre le sens.

Je déconstruis ce que l’on se tient habituellement pour dit. Pour vrai.

Mes mots présents ne sont pas proches de ma pensée, je n’y arrive pas, je pense trop vite pour pouvoir l’écrire.

Les paroles proférées contiennent-elles des raisons concrètes, réelles, sensées et avérées, de provoquer en moi la souffrance et la colère que j’éprouve en ce moment même ?

Ou s’agit-il plutôt d’un tour de perception de mon esprit aux méandres volatiles ?

Aurais-je réagi ainsi si l’on était hier ? Et demain ?

Est-ce réellement la volonté de l’Autre qui a parlé ? Ou ma folie ?

Je ne sais plus, mon cerveau est vide, blanc. Un acouphène vrombissant en plein milieu, et c’est tout.

Je n’arrive plus à penser, et j’ai terriblement mal à la tête.

J’ai perdu le liant, et le lien. Je ne vois plus le découlement logique des choses, je suis détachée.

Ce phénomène m’arrive plutôt souvent en ce moment, ce vide du cerveau, ce son sifflant en son centre et du blanc opaque comme du brouillard d’idées, diffuses, éclatées, poreuses, flottantes. Et l’Angoisse…

J’aimerais être ailleurs. N’importe où, mais ailleurs.

Même pas loin, juste ailleurs.

Besoin d’évasion.

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Parfois, il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre… Et c’est dur.

Demain sera une nouvelle chance de recommencer, mais sur de bonnes bases, cette fois.

… Je n’en peux plus… Cela fait plus d’un an que ça dure, et quasiment aucune amélioration en vue.

J’ai parfois l’impression que mon cerveau va bientôt être cracked-off.

Cracked-off, oui, c’est bien ce que j’ai dit.

C’est le seul mot qui me vient à l’esprit quand j’y pense… J’ignore son sens exact, j’ignore même s’il existe vraiment, mais c’est celui qui me semble le plus approprié à mon état. Juste cracked-off.

En tout cas, j’espère que ce jour n’arrivera jamais, car si tel est le cas, si jamais mon cerveau est bel et bien cracked-off, alors cela voudra dire qu’il est définitivement trop tard.

[Lyrix] Ex Machina

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L’espace est si grand
Et nous sommes si petits,
Enfermés dans nos esprits
Comme dans un cercueil géant,
Courant après le temps
Qui s’enfuit à grand pas,
Soumis à l’argent
De la naissance au trépas…
Nous ne vivons que sous le prisme
De l’infernale machine,
Esclaves de la matrice
Et de sa spirale d’agonie,
Son aura pèse sur nos crânes
Comme un casque plus qu’un couvercle,
Et nos mines sont recouvertes
Par la couleur de nos chaînes…
Pris entre quatre murs
De cette sombre architecture,
Le monde est une forteresse
Sans aucune chance de salut.

Même si je ne connais de la vie que ses vestiges,
Je sais qu’elle existe hors de la machine,
J’ai ouvert les yeux sur un monde déjà en ruine, mais
Je sais qu’on peut vivre hors de la machine.

Cloisonnement mental,
Espace-temps carcéral,
La prison des temps modernes
N’a plus ni barreau ni chaîne…

Et je me demande encore
Combien de temps ça va durer
Avant que n’arrive le premier choc
Et que la machine soit enrayée,
Les rouages sont bien huilés,
Rien n’est laissé au hasard :
Contrôle et biopouvoir
Sont les deux faces de la même pièce…
La mécanique est sans faiblesse
Jusqu’à ce que son moteur s’encrasse :
Soulèvement des masses
Ou abrutissement général…
J’espère que cette aberration
Est bien une phase terminale,
Car pour une évolution
La nôtre se présente plutôt mal.

Refrain

Chaque corps est broyé par la machine 
A presser les cerveaux,
Accouplées à la télé,
Les têtes sont vidées d’idéaux…

Comment avons-nous oublié
A quoi ressemblait la vraie vie ?
J’ai  beau chercher, me persuader,
Je ne la vois nulle part ici,
Nous sommes dans un artefact,
Une faction absurde, une enclave,
Reniée, oubliée,
La honte de l’humanité…
Le monde pourra bien se mentir,
Se dire que tout va pour le mieux,
Tenir le voile sur ses yeux,
Moi, je n’appelle pas ça vivre…
Devons-nous vraiment gâcher
Notre unique passage sur Terre
Pour servir une chimère
Qui ne nous a jamais concernés ?

Refrain

4. essai 1

J’suis nervous breakdown,
Depuis que je raisonne
Et que j’ai compris à quel point l’existence est vaine,
Je hais l’espèce humaine,
Incapable de me plier aux exigences du système…
J’suis sans patrie, sans loi, sans valeurs, sans foi,
Sans taff, sans meuf, sans potes, sans cash,
J’erre sans but au beau milieu d’un Enfer sans nom
Et je sais qu’un jour ou l’autre, je vais craquer pour de bon…

Dans ma tête une sonnette tire l’alarme…
Nervous Breakdown !
Il est temps que ça s’arrête, j’suis malade…
Nervous Breakdown !

Nous vivons les heures les plus sombres de l’humanité !
Rien à foutre de l’industrie, de leur profit, de leur progrès !

Marre d’être vu comme une source d’énergie non exploitée
« Ressource humaine bonne à jeter »
Ni ma force ni mon temps ne peuvent être achetés,
J’ai qu’une seule vie et j’compte pas la gâcher !

Dans ma tête une sonnette tire l’alarme…
Nervous Breakdown !
Il est temps que ça s’arrête, j’suis malade…
Nervous Breakdown !
Faut qu’ça pète, j’suis à cran, borderline…
Nervous Breakdown !
J’prends mon flingue, ça va être un massacre…

J’ai jamais voulu être esclave, on m’a pas demandé mon avis,
Puisqu’il est impossible que j’y échappe alors mon chemin s’arrête ici…

Refrain

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J’ai hérité de l’insouciante légèreté de ma mère et du désir – pouvoir ? – de mort de mon père.

Ma mère crée la vie, mon père la détruit.

Tiraillée entre ces deux pôles, je survis en eaux troubles.

Vouloir détruire, pour reconstruire… Indéfiniment.

Suis-je faite pour la stabilité, moi, fruit de deux arbres qui se dédaignent ?

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Erreur… Erreur… Erreur…

L’Erreur ne serait-elle justement pas de croire faire erreur ?

… Comment être sûre de cela ?

Comment faire la différence entre « persévérance dans l’Erreur » et « Erreur par mauvaise interprétation, précipitation ou déduction erronée » ?

… Suis-je vraiment dans l’Erreur ? Et quelle est-elle, cette Erreur ?

Erreur… Erreur… Erreur… Erreur…

[Fragment] Bilan

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Je viens de me rendre compte seulement maintenant que cela fait déjà un peu plus d’un an que j’ai commencé le cycle de fragments « Essence de Vide ».

En effet, le tout premier de cette lignée remonte au 25 juillet 2012. C’était tout juste une semaine après l’épisode Cyanescens, qui datait quant à lui du 19 juillet. Épisode mémorable, inégalable dans le domaine de l’éveil spontané de l’esprit. Le recul aidant, j’ai pris conscience que ces Champignons ont su débloquer quelque chose de terriblement précieux en moi : le goût d’écrire à nouveau. Régulièrement, et sur la partie la plus intime qui compose mon être : mon essence émotionnelle. Et pas seulement sous forme de chansons, petit exercice de style complet s’il en est, mais qui demeure toutefois une manière bien détournée, presque dissociée, de parler de soi-même en feignant de laisser s’exprimer un ersatz. Je suis l’ersatz.

J’étais tellement mal en juillet 2012… Je perçois l’étendue de ce Mal qui me rongeait de l’intérieur rien qu’en relisant ces vieux bouts d’émotions griffonnés et raturés sur papier, saisis sur le vif comme un croquis, tout autant écrasés, réduits à leur essence la plus minimale, que magnifiés, sublimés par le Maître Mot. Rendus accessibles, en somme, quelque peu compréhensibles, tout du moins partageables. Le tout en restant authentiques et surtout actualisables.

Soit le pouvoir de créer du Beau à partir de quelque chose de laid…. La Métaphore, Image Sensitive par excellence.

Je fais donc le bilan. Certes, il y a bien des choses que j’ai dépassées, annihilées, comprises et acceptées, admises et assimilées, ou qui ont tout simplement disparu d’elles-mêmes… Ou encore qui, malgré leur persistance servile, ne sont plus vraiment d’actualité, ni plus vraiment un problème.

Mais, en contrepartie, combien d’autres auront réellement empiré, se seront progressivement développées puis durablement installées dans la partie la plus profonde, la plus cachée, la plus inaccessible car repliée sur elle-même de mon paysage intérieur ravagé, perpétuellement soumis au souffle impétueux d’une force que je ne discerne pas même en rêve ? Que je ne soupçonne pas même en réalité ?

Obsession. Lassitude. Tension. Solitude. Enfermement. Silence.

Le silence, oui… Je me rends compte aujourd’hui d’à quel point je suis devenue silencieuse en l’espace d’une année. Je parle beaucoup moins, mais j’écris un peu plus. C’est déjà cela.

Non, en fait, je suis surtout lasse… Lasse de parler, d’écouter, de partager, de supporter. De donner à voir, à entendre, à lire, à comprendre, à penser. Point de tumultes. No more.

Je suis déçue, mais je fais avec. Je survis… Sans bruit. Déçue de quoi ? Je ne sais pas. De tout, à peu de choses près.

Un an déjà… Et une belle œuvre derrière moi. Loin d’être terminée, il est vrai. Et c’est tant mieux ! J’ai tellement hâte de la poursuivre… Et de ne jamais la terminer. La fièvre d’écrire semble vouloir me faire rattraper ces quatre mois de jeûne littéraire non contrarié, pour une fois. Pour une fois, j’ai laissé s’exprimer l’Absence et le Vide jusqu’au bout. Et cet effort a fini par porter ses fruits.

Rien n’est jamais terminé… Car l’Essence de Vide est bien décidée à me poursuivre toute ma vie…

J’aurai toujours à ressentir, à penser et à écrire sur le sujet.

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Il n’y a encore que les nuages qui parviennent à faire renaitre en moi cet état d’émerveillement typiquement enfantin.

Un état de grâce naturelle qui les enfants éprouvent en quasi-permanence. Peu à peu oublié, écrasé par le poids des années.

Étrange sensation de flottement. Infime éclair de compréhension du Monde. Clairvoyance.

Les nuages flottants nous font percevoir la Vérité du Monde qui repose en nous, profondément endormie.

Nous raccordent directement avec l’Essentiel dont nous sommes issus et que nous perpétuons par le simple fait d’être sur Terre.

Les nuages flottants nous rapprochent de l’Infini. Une justesse de pensée. Dans toute sa formidable subtilité et globalité à la fois. Le Ciel.

Quand j’étais enfant, il me suffisait de regarder les nuages durant quelques secondes pour tout à coup comprendre. Au fond de moi, je savais. Depuis longtemps, depuis toujours. Puis j’ai désappris, et fini par tout oublier. Tout, ou presque.

Les nuages flottants nous rappellent une partie de nous-mêmes, et donc du Monde, que nous avons oubliée. Enfouie, comme un secret.

Les nuages flottants sont autant de reflets de nous-mêmes, de notre véritable visage caché derrière le masque.

Les nuages flottants sont le miroir de l’âme dans lequel les mortels peuvent contempler à leur guise l’Infini qu’ils portent en eux sans le savoir vraiment.

Comme eux, nous errons à travers les terres et les âges en attendant la désagrégation, emportés par le souffle du Vent contre lequel il nous est impossible de lutter.

Comme eux, nous flottons.

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Du sombre wagon du RER-D, j’aperçois par la fenêtre une femme, debout, adossée contre le mur du quai. A peu près la quarantaine, pas vraiment belle. Elle porte une jupe rose délavée qui descend à peu près jusqu’aux genoux. Cela ne la met pas en valeur.

En face d’elle, un homme, dont je ne distingue que le dos. Grand, maigre, jeans et t-shirt bleu clair. Chaussures pointues et nuque longue. Stéréotype ambulant.

Il lui parle en dodelinant de la tête, minaudant presque, fait des gestes évasifs avec les mains, se tortille sur place, joue avec ses pieds, adoptant l’air caractéristique de celui que s’adonne au jeu de la fausse excuse. Cet air si particulier qui se reconnait parmi tous les autres.

La femme ne le regarde pas mais semble l’écouter avec attention. Son regard est vide, elle pense plus qu’elle ne voit. De temps à autre, elle hoche lentement la tête en clignant des yeux. Elle acquiesce à contrecœur, je crois.

Soudain, son visage se crispe un instant avant de se fermer complètement. Elle fuit le regard de l’homme, coûte que coûte.

Lèvres pincées, elle déglutit péniblement en balayant le quai du regard. Elle se retient d’éclater en sanglots, sans doute par fierté, peut-être par pudeur.

Elle écoute juste ce que l’homme a à lui dire en triturant ses doigts, espérant de tout son cœur que ce moment pénible de sa vie se termine rapidement, qu’elle puisse enfin se débarrasser du lourd fardeau de peine qu’elle s’efforce de contenir.

Le RER-D se met en marche. La femme et l’homme disparaissent brusquement de mon champ de vision, laissant place au mur grisâtre du conduit souterrain.

Combien de cœurs brisés cette triste gare a-t-elle accueilli ?

Et combien n’en a-t-elle jamais réconforté ?